le 7 décembre 2015
Pourquoi le Big Data peut doper l’emploi

A quoi reconnaît-on une révolution industrielle? La planète rétrécit et les frontières, au propre comme au figuré, tombent. La machine à vapeur a bouleversé les conditions de production. L’essor du chemin de fer a raccourci les distances entre les hommes.

Aujourd’hui, l’open data (l’ouverture des données) soulève des espoirs de transformation non moins radicaux. Simplement, la transformation est désormais digitale. En la matière, malgré ses nombreuses start-up innovantes, la France reste à la traîne. Au sein de l’Union européenne, notre pays n’occupe que la seizième place en termes d’intégration numérique dans les entreprises.

Pour combler ce retard, l’Hexagone entend légiférer. Le projet de loi pour une République numérique veut notamment favoriser un accès et une diffusion renforcés de la donnée publique. Ouvrir les données, c’est aussi l’ambition affichée par le ministre de l’Economie et son futur projet de loi « Noé » (nouvelles opportunités économiques).

Une voie utile pour créer des emplois et faire reculer le chômage ? Des exemples en attestent. En Allemagne, le « Pôle emploi local » a mis en place un service dédié à la production et l’analyse des données afin d’augmenter le rendement de ses programmes de remise à l’emploi. Résultat, les dépenses relatives aux politiques actives de l’emploi ont été réduites de moitié dès 2005 sans que le chômage augmente pour autant.

La bonne utilisation de l’information

En France, des résultats semblables pourraient être atteints à condition de tirer parti au mieux de l’open data. L’enjeu est la diffusion à l’ensemble des acteurs de l’emploi, publics et privés, des informations qui faciliteront le retour à l’emploi des chômeurs. A commencer par les CV. Or aujourd’hui, le Pôle emploi, les missions locales et autres maisons de l’emploi notamment, recensent des millions de CV, loin d’être rendus disponibles en open data avec des acteurs susceptibles d’en faire une meilleure utilisation.

Rappelons-le: le nerf de la guerre réside dans la bonne utilisation de l’information. Sans elle, notre marché du travail peinera toujours à rapprocher l’offre et la demande de travail. Une particularité qui trouve son paroxysme dans la problématique, lancinante, des métiers en tension.

Or, le Big Data, sous réserve de disposer d’une masse critique d’informations, a les capacités de répondre à cette problématique. L’outil développé par Randstad le prouve. A l’appui d’une solution technologique pertinente, il est possible de faire la lumière sur ce qu’il convient d’appeler les territoires immergés de l’emploi.

Ces territoires désignent, dans les bassins d’emploi, des communautés de compétences insoupçonnées qui permettent de créer des passerelles entre métiers. Et donc d’élargir le champ des possibles. Concrètement, une entreprise en quête d’outilleurs pourra élargir sa recherche aux fraiseurs. Bien que différents, ces métiers partagent en effet certaines compétences qui rendent possible, parfois en appui sur un complément de formation, le transfert de l’un à l’autre.

Le Big Data révolutionne d’ores et déjà notre lecture du marché de l’emploi. Donnons-lui les moyens de devenir également un outil décisif au service de l’emploi.

 


Tribune initialement publiée sur le site Challenges 

http://www.challenges.fr/tribunes/20151204.CHA2367/pourquoi-le-big-data-peut-doper-l-emploi.html